Un chat tigré marchait tranquillement sur une route de campagne. Il se dirigeait vers une étrange bâtisse à l'écart du village et que personne ne semblait remarquer. Le chat accéléra son pas et vint se coller contre la porte. Alors, se retournant d'abord pour vérifier les horizons, le professeur McGonagall repris forme humaine et toqua trois brefs petits coups sur la porte de bois. Une voie féminine s'éleva.
« Qui est là ?
-Molly c'est moi, Minerva. « Ton jardin est encore envahi par les gnomes »
-Minerva ! (la porte s'ouvrit pour laisser entrer le professeur qui se dépêcha de passer par la petite ouverture)
-Bonsoir. Je n'ai pas trop de temps. Ah! Remus, Tonks, Kingsley, Maugrey! Merci d'être venue si rapidement! J'ai à vous parler à propos de Harry. Dumbledore m'a laissé une lettre m'avertissant que Harry pourrait faire un geste imprudent...ou même plusieurs.
-Ce qui veut dire que nous allons devoir le surveiller à nouveau ?demanda Tonks.
-Non. (Il y eu un mouvement de surprise général) Enfin, pas vraiment. En fait, le professeur Dumbledore souhaitait juste que nous soyons au courant qu'il risquait de partir ou autre chose comme ça. Donc je vous avertis afin que vous puissiez agir si jamais il y a un problème. De plus, Albus a souhaité que Harry revienne pour sa dernière année et ma laissé un moyen pour le tenter de rester. Mais d'abord, je dois faire vite, j'aimerai savoir, Remus, si tu voudrais bien être le nouveau professeur de métamorphose. Et toi, Tonks, le nouveau professeur de potion. Ou l'inverse, vous choisissez.
-Bien sûr ! Quelle question Minerva ! C'est évident que nous acceptons ! Mais tu as trouvé un professeur de Défense Contre les Forces du Mal ?
- Justement, il faut encore le convaincre. C'est pour ça que toi, Remus, Alastor et Shaklebot, vous irez veiller sur Harry le jour de son anniversaire et vous essayerez de le suivre sans qu'il vous remarque.
-C'est donc comme ça que tu espère le convaincre ! C'est Dumbledore qui t'a conseillé de faire ça ?
-Exactement. J'avoue que ça m'arrange car je n'aurai pas trop de difficulté à avoir un professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Ils sont plutôt rares en ce moment et Harry a toujours aimé cette matière alors...Espérons que Dumbledore ait vu juste !
-Attend Minerva. Je n'ai pas très bien compris, l'interrompit Maugrey dans un grognement. Tu veux qu'on suive Potter et qu'on le laisse agir à sa guise ? Juste le surveiller ? Ce n'est pas un peut imprudent ? Et puis comment saurons-nous où il ira ?
-Tu as très bien compris Alastor. Et puis, je pense que certaines personnes en savent plus que nous sur les projets de Harry. Moly, peux-tu, s'il te plait, appeler Ron et Hermione ? Merci. »
Pendant que Mrs Weasley montait l'escalier pour aller chercher les amis de Harry, les quelques membres de l'Ordre présents se regardaient avec étonnement et attendaient la suite des évènements. Au bout de quelques minutes, Molly Weasley descendit suivie de son fils et de Hermione. Le professeur McGonagall se leva et les salua.
« Bonjour. Je voulais vous voir pour parler de Harry. Savez-vous où...
-C'est inutile Professeur, la coupa Hermione, nous ne dirons rien. »
Tout le monde la regarda avec étonnement. En effet, elle n'avait encore jamais, à leur connaissance, oser interrompre un professeur et refuser d'obéir au professeur McGonagall. Ce fut Ron qui prit la parole.
« Harry nous a donné sa confiance Professeur. Nous refusons de la trahir. Nous ne vous dirons rien sur ses projets.
-Bien. Je comprends très bien que vous ne veuillez rien nous révéler. Seulement, nous avons besoin de savoir pour pouvoir veiller sur lui.
-Harry ne veut pas. Il nous a fait confiance et nous ne vous dirons rien. Répéta Hermione. Seulement, je pense que ce n'est pas difficile de deviner où il ira en premier. Il suffit de réfléchir à ce que ferait Harry s'il pouvait aller où il veut. Et je peux vous dire que Voldemort ne sera pas tout de suite sa priorité. »
Sur ce, elle et Ron tournèrent les talons et remontèrent dans leur chambre. Les membres de l'Ordre se regardèrent ne saisissant pas les paroles de Hermione. Au bout d'un moment tous les regards se tournèrent vers Remus Lupin car il était celui qui connaissait assez bien Harry. Celui-ci semblait perdu dans ses pensées. Doucement, il releva la tête et regarda le professeur McGonagall.
« Godric's Hollow, souffla-t-il, il ira à Godric's Hollow. »
Le professeur McGonagall se leva et, après avoir dit bonsoir à tout le monde, transplana à Privet Drive.
La rue était déserte, la faible lueur de l'aube perçait à peine l'épaisseur de la brume qui envahissait Privet Drive. Le professeur McGonagall s'approcha à tâtons à la recherche du numéro 4 quand une lueur rouge et or transperça la brume. Le professeur se hâta vers cette lumière puissante et se retrouva devant la maison des Dursley. Elle entendit des voix qui s'élevaient de l'étage et en déduisit que Harry était à l'origine de cette lumière et que les Dursley devaient être en train de pester contre lui. Prenant son courage à deux mains, elle frappa à la porte.
Au bout de quelques minutes des petits pas précipités se firent entendre et la porte s'entrouvrit, laissant apparaître le maigre et pâle visage de la tante Pétunia. Sans lui laisser le temps de parler, Minerva McGonagall entra et se dirigea vers le salon où elle pris place sur un des fauteuils. Dudley et Pétunia la regardèrent avec étonnement et ils furent bientôt rejoins par l'oncle Vernon qui revenait de sa « discussion » avec Harry. Minerva demanda sans détours si elle pouvait voir le jeune sorcier et l'oncle Vernon beugla pour demander à son neveu de descendre les rejoindre au salon. Au bout de quelques minutes, Harry entra. Sa pâleur surpris la directrice mais elle ne fit aucune remarque. L'invitant à s'asseoir, elle pris la parole.
« Bonjour Potter. Je pense que vous vous demandez pourquoi je suis là. Bon, je vais essayer de vous répondre franchement et j'espère que vous ferez de même. Bon tout d'abord, j'aimerai savoir si vous compter revenir à Poudlard cette année.
-Non Professeur.
-Bien. Nous nous y attendions. Quand je dis « nous » je désigne le professeur Dumbledore et moi-même Potter, ajouta-t-elle pour répondre à l'air interrogatif de Harry. C'est pour ça qu'il faut que je vous parle. Dumbledore respecte votre décision et l'approuve, contrairement à moi. Cependant il aurait aimé que vous restiez à Poudlard. Je veux dire que vous habiterez au château et que vous aurez l'entière liberté de vous balader et de sortir du château. C'est l'idée de Dumbledore, pas la mienne Potter. Moi, j'aurai préféré que vous restiez comme élève.
-Mais professeur, comment expliquerez-vous ma présence au château si je ne suis plus élève ?
-Eh bien...Albus a pensé que tu accepterais sûrement le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal et m'a donc convaincu de te le proposer. Bien sûr, cela signifie plus de responsabilité Potter car vous devrez non seulement donner vos cours, mais en plus rattraper les cours des élèves de votre niveau afin de passer vos ASPIC. Oui Potter, ajouta-t-elle avec un sourire en voyant que Harry allait protester, je tiens à ce que vous passiez vos ASPIC. Vous aurez aussi des cours particuliers pour parfaire vos techniques de défense. Dumbledore m'a averti que vous vous absenterez pendant quelques temps pendant l'année scolaire et à plusieurs reprises. Quand vous serez absent, un membre de l'ordre vous remplacera pour vos cours. Ce qui signifie que votre année sera un peu plus chargée que d'habitude. Je vous laisse jusqu'au mariage de Bill et Fleur pour me donner votre réponse Potter. Vous pourrez me trouver là-bas. Je vous attendrai. Au revoir Potter.
-Au revoir Professeur. »
Le professeur McGonagall sorti et transplana, laissant Harry seul avec les Dursley. Ceux-ci se retournèrent vers le jeune sorcier, l'observant bizarrement.
« Qu'est-ce qu'elle a voulu dire la vieille folle ? demanda l'oncle Vernon. Et pourquoi c'est pas l'autre vieux tu-sais-quoi qu'est venu te parler ? Et pourquoi elle t'a pas emmené avec elle ? Et c'est quoi ces ASPIC ? Et...
-D'abord le professeur McGonagall n'est pas une vieille folle, le coupa furieusement Harry, c'est une grande sorcière et la nouvelle directrice de Poudlard car Dumbledore est mort assassiné. Ensuite, elle n'ai venu que pour me parler pas pour m'emmener au Terrier puisqu'elle savait par Dumbledore que j'ai d'autres projets en tête. Ensuite les ASPIC c'est des examens que je dois passer et qui certifient que j'ai terminé mes études. Et maintenant FICHEZ MOI LA PAIX !!! »
Harry monta furieusement dans sa chambre, s'assit sur le lit et réfléchit à se que le professeur McGonagall venait de lui dire. Non, il ne retournerait pas à Poudlard et poursuivrait sa quête des horcruxes de Voldemort comme le souhaitait Dumbledore. Mais une petite voix dans sa tête lui soufflait que c'était Dumbledore qui avait voulu que McGonagall lui propose le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal afin qu'il retourne à Poudlard. Mais qu'était Poudlard sans Dumbledore ? Harry était perdu et ne savait quoi penser. Devait-il accepter le poste que McGonagall lui proposait ? Ou devait-il le refuser et désobéir alors à la volonté de Dumbledore ? Il soupira. Décidément, sa vie n'était pas vraiment rose. Harry décida finalement d'attendre avant de se prononcer et puis, de toute manière, il avait jusqu'au mariage de Bill et Fleur pour donner sa réponse ! Ce qui signifiait qu'il serait obliger de s'y rendre...et de revoir Ginny ! Harry pesta silencieusement contre Dumbledore. Décidément, il avait tout prévu pour que Harry ne se coupe pas du monde et de ses amis. Après tout, n'était ce pas lui qui disait sans cesse que l'amour et l'amitié étaient des pouvoirs très puissants ? Et Harry le soutenait. Dumbledore voulait-il lui dire qu'il devait continuer de compter sur ses amis ? Mais cela signifiait que Harry allait perdre beaucoup de personnes chères. Son rêve lui revint brusquement à l'esprit et surtout les paroles de Godric Gryffondor à propos de l'amour et l'amitié. Fatigué de ressasser tous ces souvenirs dans sa tête, Harry décida d'y réfléchir plus tard. D'ailleurs, son instinct lui disait que ce n'était pas le moment d'y réfléchir et qu'il comprendrait le moment venu.